18 décembre 2008
Premiere nuit
Je sais, le recit de nos retrouvailles avec Nadege s'eternise, mais je n'arrive pas toujours a trouver le temps de tout dire en une fois, et puis a trop en dire, j'en perdrais ma spontaneite. Mais comment font les vrais ecrivains pour produire autant en un jour ?
Bref...
Lavee, un peu parfumee mais demaquillee aussi (malheureusement), je retournais dans la salle principale ou ma cherie finissait de s'activer en cuisine. Le menu etait simple et bon a la fois. Une quiche lorraine et sa salade, et une bonne ration de bons fromages francais avec le pain qu'il faut avec. Cela me manquait a vrai dire. Au cours du repas, nous nous racontames notre vie, loin l'une de l'autre. J'evitais trop d'entrer dans les details sur ma relation avec Greta et l'episode avec Linda, et je fis l'impasse sur mon ex-prince. Tant par gene que par peur de la heurter. Mais pour sa part, Nadege ne se sentit pas obligee de faire des omissions sur ces derniers mois. Sa relation avec un copain de son frere, qui la definitivement vaccinee des hommes, les filles d'un soir dans les bars lesbiens ou souvent des femmes bien plus agees qu'elles voulaient s'offrir quelques frissons avec une jeunette dans sa vingtaine. Elle m'avoua avoir beaucoup appris durant cette periode.
En fait, je l'a decouvre plus que jamais sure d'elle, enfin en paix avec sa nature. Elle n'est plus la poupee barbie du debut de notre rencontre, la fille surjouant la feminite jusqu'a la vulgarite pour paraitre "normale", heterosexuelle. Elle n'est plus non plus la femme perturbee, ne sachant plus ce qu'elle doit cacher ou non, dire ou ne pas avouer a ses proches. Elle est elle-meme, et ce elle-meme est homosexuelle aussi naturellement qu'elle est droitiere. Rien de plus, rien a revenquider, juste a etre.
Elle s'est aussi forgee un nouveau corps, garcon manque peut-etre, mais se serait mettre une etiquette encore. Alors juste un corps qui est enfin en adequation avec son esprit, donc plus fort et plus aguerri. Pour ma part, je la trouve tres sexy ainsi avec sa silhouette plus large et ses cheveux tres courts. Je ne sais meme pas pourquoi et comment j'ai pu resister a elle tout le long du repas. Notre familiarite sans doute.
A la fin du repas, alors que le vin et le decalage horaire m'ordonnaient de dormir, elle a defait pour moi le canape-lit, vire d'un large geste l'incroyable bazar qui sedimentait dessus et m'a allongee.
Prise en tenaille dans ses bras j'etais enfin si bien.
Un nouveau baiser qui dura aussi longtemps que celui que nous echangeames avant le repas, quelques caresses sur le dos et elle repartit debarasser. Je la regardais faire, souriant betement et realisant a peine tout ce qui nous arrivaient.
La table videe, elle passa a la salle de bain tandis que je me deshabillais et passais nue sous les draps (presque propres). Dix bonnes minutes apres, alors que je dormais presque, Nadege arriva enfin. Elle etait nue egalement et m'offrait sa beaute en spectacle. Sa peau claire, fine et douce, ses epaules rondes, ses seins lourds et si bien dessines (j'en suis toujours aussi jalouse et adoratrice), son petit ventre un peu rebondi, ses hanches solides, au fessier si feminin et son jardin secret enfoui dans une masse de poils chatain clair. Elle se coucha contre moi, epiderme contre epiderme, tetons contre tetons, sa toison contre ma sexe lisse, sa chaleur en complement de la mienne.
J'aurai voulu lui faire l'amour, elle aussi surement, mais j'etais si epuisee. Elle me donna ses seins pour m'y conforter et peu apres j'ai sombre comme une becasse dans le sommeil.
17 décembre 2008
De visu
Quel moment intense que ces retrouvailles en face en face. L'evenement le plus important de mon annee apres la reponse tant attendue de mon amour qui m'attendait.
Autant le dire, je n'etais pas tres fraiche en descendant du train. L'avion, le decalage horaire, la grisaille et le froid n'aidant pas a booster mon sex-appeal naturellement timide. J'avais bien essaye de dormir, de me rafraichir et de cacher ma fatigue sous le maquillage, mais il fallait bien l'admettre, mes efforts avaient ete vains, j'avais une tete de deterree.
Cependant mon cerveau et mon coeur bouillaient a l'idee de la revoir.
Ma grosse valise a mes pieds, les mains serrant un manteau trop peu chaud pour la saison, a moins que j'avais perdu l'habitude du froid humide, je l'attendais. Le hall de la gare deversait ces flots d'etudiants, de routards et de retraites, florileges de tetes tristes et angoisses. J'avais aussi oublier cela.
Puis soudain je l'apercus, un peu differente de la derniere fois, toujours aussi belle a mes yeux. Les cheveux coupes courts, la nuque raide, la silhouette un peu alourdie mais aussi plus sportive dans une doudoune noire sur un survetement bleu ciel, adidas aux pieds. Ces yeux clairs etaient legerement maquilles, mais brillaient pourtant intensement. Ils avaient tant a me dire. Plus Nadege avancait vers moi et plus son sourire s'elargissait. Il en allait bien sur de meme pour moi.
Enfin face a face. On se fait une bise appuyee, se serrant legerement par les epaules, mais pas de baisers en public. Cela nous est interdit par les convenances sociales.
Apres les salutations et quelques rires betes et nerveux, surtout de ma part, nous quittames la gare pour rejoindre le parking ou attendait sa petite voiture. Une petite clio qui aurait bien besoin de beneficier d'une super prime a la casse. La valise comprimee comme nous pouvons dans le coffre trop etroit pour elle, je monte enfin en voiture a ses cotes. Pour la premiere fois, elle sera mon chauffeur. La nuit tombant vite en cette saison, nous profitons de la penombre de l'habitacle pour echanger un rapide petit baiser. Aussi fugace soit-il, il suffit pour me chamboler le coeur et me donner chaud au ventre. Epuisee mais sur un nuage. Elle est ma drogue.
Apres un petit quart d'heure de route, nous arrivons enfin au pieds d'un groupe de petits HLM d'apparence moins sinistre que ce que j'avais imagine. Le hall d'entree est meme propre et bien tenu, l'ascenseur neuf et tres legerement degrade. Enfin, j'arrive dans l'antre de ma belle et je suis tellement nerveuse.
Je pose ma valise, enleve mon manteau et Nadege me fait le tour du proprietaire.
Bien sur, c'est un desordre sans borne qui y regne. Nadege n'a jamais su etre ordonnee. Le concept meme d'ordre la depasse et n'a jamais reussi a s'impregner dans son cerveau. Cependant, je la soupsonne d'avoir fait un effort pour mon arrivee. On arrive a distinguer un canape lit dans un angle de la salle principale et la table a ete mise. Hormi cette grande piece, il y a une cuisine, un grand placard, des toilettes et une salle de bain (avec baignoire). Tout ceci me rappelle par certains aspects le domicile de mon enfance, sauf que nous avions une chambre en plus que je partagais avec ma soeur.
De retour dans la grande salle, elle enleve sa doudoune et me dit que j'avais le temps de prendre une douche avant qu'elle ne finisse de preparer le diner.
La valise ouverte a meme le sol et accroupie, je cherchais quoi me mettre. C'est alors que je sentis sa main sur mon dos, doucement me caresser. Je me releva tranquillement, timide, et nous nous serrames enfin dans les bras l'une de l'autre, echangeant notre premier vrai baiser depuis un an et demi de separation.
Un baiser magnifique, tendre et plein de passion, qui me donna des frissons dans tout le corps et des sueurs. Le bonheur de redecouvrir le gout de ses levres, la temerite de sa langue dans ma bouche, la puissance de ses caresses sur mon dos et mes fesses. Il dura longtemps, jusqu'a ce que nos machoires nous fassent mal et que mes jambes commencent a trembler. Rien n'est plus abouti que le baiser d'une femme. Je sentais sous l'excitation ma ventre chaud coulee, mes tetons durcis. Mais nous avions encore une certaine retenue, de stupides obligations a remplir, douche, diner...
Nadege se rendit donc dans la cuisine, je piocha dans ma valise un jean et un sweat avant de filer dans la salle de bain ou je quitta enfin mes vetements empuantis par 19 heures de periple.
16 décembre 2008
Lorsque l'on a ete ensemble...
... on ne peut pas l'oublier.
Jamais je ne me suis reellement resolue a perdre Nadege, mon amour, l'amour de ma vie. Jamais. Meme apres plus d'un an de separation, je n'ai jamais cesse de penser a elle chaque jour. Meme dans les bras de passage et pourtant accueillant de Greta. Nadege restait et reste impregnee dans ma chair et mon coeur.
Toujours malade d'amour pour elle et plus que jamais frustree par son depart, d'autant que les quelques jours que j'ai partage en novembre avec Greta n'ont fait que reveiller ma libido et mes souvenirs de ma belle.
Alors...
Alors j'ai une fois de plus tente de contacter Nadege, tant bien meme elle n'avait rejete tres violemment la derniere fois. Je lui est expediee un email, comme une bouteille a la derive. J'ai essaye de ne pas etre trop larmoyante, trop lamantable en faite.
Et voila, elle m'a repondue. Je n'arrivai pas a y croire. Et cette reponse disait, vient tu es toujours a moi.
Cela a alors ete tres vite. Nous nous sommes parlees au telephone et rien qu'a entendre sa voix j'etais en transe. Elle me demandait encore de venir vers elle. Pour se voir, pour se parler. A bout de souffle, le ventre tenu par l'angoisse et voulant ne pas m'emballer pour rien, j'ai ose lui dire un "je t'aime". Elle a dit "moi aussi".
L'un des plus beaux jours de ma vie, ce jours qui rachete une annee de galere et de deprime.
Le temps de preparer mes affaires, d'organiser mon bureau pour une periode d'absence de plusieurs semaines et j'etais dans l'avion.
La vie de mon amour a beaucoup change en 16 mois. A son retour en France, elle s'est rapidement rapprochee d'un copain de son frere tout en cherchant du travail. Elle ne trouva qu'un emploi au Mac Do et sa relation avec son petit ami se deteriora assez vite. Elle ne se sentait plus a l'aise avec un garcon. Elle ne l'a jamais ete en faite. Nadege est fondamentalement et originellement attiree par les femmes.
La rupture avec son ami se deroula tres mal car celui-ci n'accepta pas de se faire larguer apres une relation qui avait deja plusieurs mois d'existence. Il chercha a se venger et monta le frere de Nadege contre elle. D'apres ses dires, l'ambiance a la maison etait des plus mauvaises. Elle tenta bien a se trouver un studio, mais avec son boulot sous-paye c'etait impossible. Elle se resolut alors a trouver un meilleur travail quitte a changer de region.
Apres une longue recherche, elle trouva enfin son travail actuel dans une societe de logistique grace a une cousine. Elle traversa donc la France, laissant le soleil pour la grisaille et la pluie. Mais au moins, elle n'aurait plus a endurer la pression familiale et pourrait vivre plus en accord avec elle-meme.
A l'ecouter, elle eut quelques aventures d'un soir, suite a des rencontre dans des bars lesbiens, mais rien qui puisse s'appeler de l'amour, juste de la baise.
C'est alors que je revins dans sa vie.




